Les stèles de Sion, art et datation.

Stèle n°2 réemployée en dalle de ciste

Stèle n°2 réemployée en dalle de ciste

Cet article, paru en 1978 dans la Revue archéologique du Centre de la France, est l’oeuvre d’Olivier Bocksberger, un des premiers fouilleurs à Sion.

Écrit et publié juste au fur et à mesure de la fouille il nous donne des informations contemporaines de celle-ci et surtout il nous fait ressentir les problèmes de datations, d’interprétation ou tout simplement de terrain, qu’ont probablement ressentir les archéologues de l’époque.

Centré sur les découvertes faites dans les ciste I et III l’article s’attarde longuement sur les dalles gravées formant les cistes. En effet, bien qu’aujourd’hui, alors que les fouilles sont pratiquement closent et que les études du site ont été publiées, on sait que ces dalles datent du Néolithique Final. Mais en 1978, en plein chantier, les problèmes de chronologie dûs aux représentations figuratives sur les dalles obsédaient les chercheurs. O. Bocksberger propose donc une étude de ces représentations et de leur chronologie par comparaison avec d’autres cultures néolithiques et de l’Âge du Cuivre (qui succède directement dans certaines régions au Néolithique Moyen II) en Europe (notamment en Espagne, en France et dans le Nord de l’Europe).

La compréhension du texte d’Olivier Bocksberger (format PDF) est rendue difficile par la position même des illustrations dans l’article, leur disposition qui peut sembler hasardeuse ne correspond pas au texte. Ainsi il est pénible d’avoir à descendre jusqu’aux pages 20 pour trouver les planches d’illustrations qui ont été cité dans les pages dix premières pages, d’autant que les illustrations ne sont pas non plus regroupées dans un index.

Passé ces aller-retour pénibles et la recherche des bonnes illustrations dans les pages de l’article, on appréciera néanmoins la précision d’un article fait « à chaud », alors que le travail de terrain n’est pas terminé, mais qui présente un recul suffisant pour pouvoir développer plusieurs hypothèses de datation, qui sont assez proches des conclusions actuelles.

Disponible ici, cet article est aussi accessible depuis notre Delicious (à droite).

S.

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Quand le désaccord archéologique devient source de questionnements

Parfois, souvent même, les archéologues ne sont pas d’accord sur les interprétations qu’il faut donner des vestiges trouvés en fouille. Car si « L’archéologie […] procure la sensation d’accéder de façon presque charnelle aux temps révolus » comme le dit A.Schnapp, encore faut-il être d’accord quant au modalités de cet « accès ».

Et quand les archéologues se disputent et bien ils font des conférences et ils se répondent par présentation interposée. C’est ainsi qu’Alain Gallay, en 2011, lors du Colloque international « Autour du Petit-Chasseur », répond à Richard Harison et Volker Heyd et aux différentes théories qu’ils avaient présentés au sujet du site du Petit-Chasseur dans leur ouvrage The transformation in the Third Millenium BC : the example of « Le petit-Chasseur I+III ».

Comme le tout premier Power Point présenté (ce post-ci), celui-ci est extrait du site d’Alain Gallay, mais cette présentation est, cette fois-ci, accompagnée d’un texte qui nous permet de comprendre les diapositives. (4. Chronologie de la nécropole du Petit-Chasseur (Sion, Valais) : réponse à Richard Harrison et Volker Heyd., deuxième lien en orange)

Diapositives après diapositives, Alain Gallay va donc détruite (le mot peut sembler fort, mais il s’agit bien d’une destruction, cordiale et scientifique, certes, mais néanmoins en règle) patiemment les hypothèses de ses confrères grâce aux traces, matériels archéologique trouvés sur le site du Petit-Chasseur et à la stratigraphie des fouilles (sur ce sujet voir cet article, cliquez sur Book Chaptor). Si cette présentation n’apporte rien qu’on ne savait déjà (reprise de la chronologie, du matériel de fouille, des stèles) elle est néanmoins intéressante à plusieurs points :

  • Alain Gallay y rappelle les hypothèses que lui, son équipe, ainsi, qu’avant lui, Olivier Bocksberger ont mis en place en s’appuyant sur les données de terrain.
  • L’article et le Power Point nous permettent de mettre en parallèle deux théories différentes sur l’interprétation des vestiges d’un même site.
  • Enfin, le texte laisse voir, derrière un enrobage de politesse et de remerciement, une certaine fierté, ainsi que, il faut le dire, une pointe d’égocentrisme. Mais, que voulez-vous, tout le monde n’est pas Alain Gallay …

Si, après ce lynchage en règle, vous voulez néanmoins voir par vous-même l’article de Harrison et Heyd et vous faire votre propre idée en comparant vous-même leurs hypothèses à celles d’Alain Gallay (ce que je vous conseille, ne serait-ce que pour faire travailler votre esprit critique), munissez-vous d’un dictionnaire franco-anglais car voici l’article (que vous pouvez même télécharger en PDF).

S.

Bibliographie:

SCHNAPP A., « Le terrain, l’antiquaire et l’archéologue », in Lieux de savoir 2. Les mains de l’intellect, JACOB C. (ed), Paris, Albin Michel.