L’habitat au Néolithique Moyen II au Petit-Chasseur : quelles relations avec la nécropole à dolmen ?

Parlons d’habitat et de réoccupation de l’espace.

Les fouilles de Marie Besse au Petit-Chasseur IV en 1992 ont mis en évidence deux phases d’occupations (cliquez sur Editor Postprint en bas, il s’agit d’un extrait du Bulletin du Centre Genevois d’anthropologie).

La première, qui est la plus récente, date du Second Âge du Fer, période La Tène. C’est-à-dire, pour simplifier, de la seconde moitié du Ve siècle avant J.-C. à 58 avant J.-C. Sur ce niveau d’occupation on a retrouvé trois tombes de La Tène et du mobilier archéologique preuve que le lieu était utilisé comme lieu d’inhumation.

La seconde phase d’occupation, qui est en fait la première dans le temps (vous me suivez ?), a pu être daté par radiocarbone comme correspondant au Néolithique Moyen II. Il s’agit d’un niveau d’occupation présentant des structures d’habitat que l’on peut recouper avec d’autres structures mis au jour au Petit-Chasseur I et II durant les fouilles de 1962 ; 1967 ; 1968 ; 1969 ; 1971 et 1972. Ces structures sont antérieures à l’érection des dolmens sur les sites du Petit-Chasseur I et III.

De plus un autre article, rédigé par Marie Besse et Manuel Mottet, (cliquez sur Book Chaptor en bas de la page), nous apprend que des fouilles récentes (2002-2003) dans un nouveau secteur baptisé Petit-Chasseur V (ou Saint Guérin 02-03) ont permis la mise en évidence de ce qui pourrait bien être un village datant du Néolithique Moyen. Pour une étude détaillée de ces structures je recommande cet article (comme d’habitude Book Chaptor), rédigé  par Martine Piguet

Quel rapport entre l’habitat et la nécropole me direz-vous. Et bien c’est à la lecture de ces différents articles et aussi avec la comparaison des différents niveaux d’occupation, qu’une réflexion commence à prendre forme. On constate, en particulier sur ce tableau-ci, que la nécropole à dolmen et stèle anthropomorphe du Néolithique Final a été construite sur les lieux d’habitation du Néolithique Moyen. Même si des centaines d’années séparent ces deux niveaux on peut penser que cet endroit était connu notamment à la lumière de certains éléments comme la taille supposée du village Néolithique Moyen (4000 m²). Des questions viennent alors à l’esprit. Pourquoi les occupants de la culture Campaniforme ont-ils choisi d’installer leur nécropole là et d’éloigner leur village au lieu de réutiliser l’espace déjà occupé ? Cela a-t-il une valeur symbolique ? Est-ce parce qu’ils n’exploitaient pas les mêmes ressources que les Néolithiques Moyens ?

Autant de questions auxquelles les chercheurs n’ont pas encore répondu de manière claire et définitive, les liens entre les différentes unités stratigraphies étant complexes et les modes de pensée et de fonctionnement de ces Néolithiques étant assez difficilement abordable même au travers de paléoanthropologie et encore plus avec l’étude des vestiges.

S.

Tout ces articles sont extraits des monographies réalisées sur le site du Petit-Chasseur à Sion (Valay)

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Un site néolithique dans la vallée de la Seine : Youtube et l’INRAP

Parlons un peu vidéo et habitat. La chaîne officielle de l’Institut National de Recherches Archéologiques Préventives (INRAP), sur You tube, propose diverses vidéos sur les sites fouillés par l’INRAP partout en France et à l’étranger comme par exemple sur le site de Lalibela en Ethiopie où des fouilles ont été conduites conjointement avec le Centre Français d’Etudes Éthiopiennes (CFEE).

La vidéo qui nous intéresse particulièrement traite des fouilles menées à Pont sur Seine, secteur bénéficiant « d’un suivi archéologique attentif depuis l’ouverture d’une carrière au milieu des années 1990 ». Dans cette carrière de gravier, comme nous l’apprend le descriptif de la vidéo, les archéologues ont trouvé en 2009 et 2010 des bâtiments d’habitat datant de trois époques : Néolithique Moyen (4 770 à 4 400 av. J.-C.), Néolithique Récent (3 300 à 2900 av. J.-C.) et Néolithique Final (2 900 à 2 500 av. J.-C.).

Ces bâtiments exceptionnels, leur disposition et leur association, pour une de ces époques au moins, avec une structure funéraire, pourrait nous fournir de plus amples informations, entre autre, sur la relation entre monde des morts et monde des vivants à travers l’organisation spatiale du site et l’agencement des bâtiments d’habitation par rapport aux structures funéraires.

Seulement cette courte vidéo ne fait que nous laisser entrapercevoir des possibilités d’analyse des vestiges sans aller plus loin. Et cela tient principalement à une raison : les vidéos postées sur cette chaîne ont pour but de promouvoir les fouilles de l’INRAP et, dans une optique plus large, l’archéologie en elle-même en la faisant découvrir au public. Le format court, moins de 10 minutes et le discours, volontairement peu technique, en font des vidéos de promotion qui vont motiver le spectateur intéressé à se renseigner par ses propres moyens, notamment, pourquoi pas, en consultant le site de l’INRAP.

S.